Hymnes des nations disparues : les chants de pays qui n'existent plus
L'URSS, la Yougoslavie, la Prusse et la Tchecoslovaquie ont disparu, mais leurs hymnes nationaux demeurent. Cet article retrace l'etrange survie de chants qui ont survecu aux Etats pour lesquels ils furent ecrits.
Nationalia Research
Data Journalism
Quelque part dans un appartement moscovite, une femme agee fredonne une melodie qu’elle a apprise a l’ecole en 1978. Le pays qui lui enseigna ce chant s’est dissous le 26 decembre 1991. Le drapeau fut baisse, les institutions furent demantelees, les frontieres furent redessinées. Mais la melodie persiste dans sa memoire, aussi vivace et automatique que la respiration. Elle chante l’hymne d’un pays mort, et elle est loin d’etre la seule.
Au moins 40 hymnes nationaux existent aujourd’hui pour des Etats ayant formellement cesse d’exister. Certains de ces chants ont des siecles. D’autres ne sont separes que d’une generation de leur usage actif. Une poignee a ete recyclee, leurs melodies ou paroles adoptees par des Etats successeurs. La plupart persistent simplement dans l’atmosphere culturelle : interpretes lors de concerts nostalgiques, fredonnes par des populations vieillissantes, etudies par des musicologues, parfois instrumentalises par des mouvements politiques. Ce sont des chants orphelins, des hymnes sans pays, et leurs histoires nous revelent quelque chose d’essentiel sur la relation entre musique et identite nationale.
Quand la musique s’arrete : des hymnes sans pays
Le systeme moderne d’Etats-nations est plus jeune que la plupart des gens ne le realisent. Des 195 pays reconnus par les Nations unies aujourd’hui, 34 furent crees apres 1990. Des dizaines d’autres emergerent des decombres d’empires au XXe siecle. Pour chaque nation qui naquit, une autre fut souvent enterree. Et quand un Etat meurt, son hymne devient un fantome.
Le phenomene est mondial. L’hymne du Royaume d’Hawai (“Hawai’i Pono’i”, compose en 1874 par le roi Kalakaua avec une musique d’Henri Berger) est encore interprete lors d’evenements officiels a Hawai, bien que le royaume ait ete renverse en 1893. L’hymne du Sud-Vietnam (“Appel aux citoyens”) disparut de l’usage officiel apres la chute de Saigon en 1975, mais il est encore chante par les communautes de la diaspora vietnamienne en Californie, au Texas et en Australie. L’hymne de la Republique democratique allemande (“Auferstanden aus Ruinen”, ou “Resurgis des ruines”) fut compose par Hanns Eisler en 1949 et interprete jusqu’a la reunification en 1990 ; aujourd’hui, il n’existe plus que dans les archives et lors d’interpretations occasionnelles teintees d’ironie.
Ces chants partagent un statut ontologique etrange. Ils furent ecrits pour etre eternels, pour representer quelque chose de permanent. Pourtant, les Etats qu’ils servaient se revelerent temporaires. L’hymne, concu pour survivre a tout individu, a en fin de compte survecu au collectif qu’il etait cense representer.
L’hymne sovietique : une melodie qui refusa de mourir
Aucun hymne d’ancien Etat ne porte autant de poids, de notoriete ou de controverse que celui de l’Union des republiques socialistes sovietiques.
L’hymne sovietique fut adopte en 1944, remplacant “L’Internationale” comme chant officiel de l’Etat. La musique fut composee par Alexandre Alexandrov, qui l’avait ecrite a l’origine comme hymne du Parti bolchevique en 1939. Les paroles etaient de Sergei Mikhalkov et Gabriel El-Registan. Le chant etait grandiose, ample et indubitablement puissant. Meme les auditeurs occidentaux qui s’opposaient a tout ce que representait l’URSS reconnaissaient sa force musicale. La melodie devint l’un des morceaux de musique les plus reconnus de la planete, interpretee lors de ceremonies olympiques, diffusee sur la radio d’Etat sovietique, et gravee dans la memoire d’environ 290 millions de citoyens sovietiques.
Les paroles, cependant, se revelerent moins durables que la melodie. Le texte original de Mikhalkov de 1944 louait Staline par son nom. Apres la campagne de destalinisation de Khrouchtchev, l’hymne fut interprete sans paroles de 1956 a 1977. Mikhalkov lui-meme (le meme parolier, desormais age de trois decennies de plus) ecrivit des paroles de remplacement en 1977 qui supprimaient toute reference a Staline. Cette seconde version servit jusqu’a la dissolution de l’URSS en 1991.
Puis quelque chose d’extraordinaire se produisit. En 2000, le president russe Vladimir Poutine proposa de readopter la melodie d’Alexandrov comme hymne de la Federation de Russie. La Douma approuva la mesure. Mikhalkov, age de 87 ans, fut charge d’ecrire un troisieme jeu de paroles pour la meme melodie. Les nouveaux mots remplacerent les references a l’Union sovietique par des references a la Russie, et les references aux ideaux communistes par des sentiments patriotiques plus vagues. La musique du meme compositeur. La plume du meme parolier. Trois pays entierement differents.
La decision fut controversee. Boris Eltsine avait introduit un hymne purement instrumental (le “Chant patriotique” de Glinka) en 1990, specifiquement pour rompre avec le passe sovietique. Le retournement de Poutine fut interprete par les liberaux comme une rehabilitation du symbolisme sovietique. Les partisans argumenterent que la melodie appartenait au peuple russe, et non a un regime particulier. Le debat en lui-meme est revelateur : il demontre que les melodies d’hymne portent une signification emotionnelle independante de leurs paroles. Ce sont les notes, et non les mots, que les gens retiennent.
Aujourd’hui, la composition d’Alexandrov est l’hymne officiel de la Federation de Russie. L’Union sovietique a disparu, mais son hymne perdure, sans doute plus influent aujourd’hui que durant la Guerre froide, car il a demontre qu’une melodie nationale peut survivre a l’effondrement total de la nation qui l’a creee.
L’hymne emprunte de la Yougoslavie
L’hymne de la Republique federative socialiste de Yougoslavie etait “Hej, Slaveni” (“He, Slaves”), un chant panslave ecrit a l’origine en 1834 par le poete slovaque Samuel Tomasik. Le chant fut adopte comme hymne de la Yougoslavie en 1945, lorsque le gouvernement communiste de Tito formalisa la federation de six republiques : la Serbie, la Croatie, la Slovenie, la Bosnie-Herzegovine, le Montenegro et la Macedoine.
La melodie n’etait pas originale. Elle fut directement empruntee au “Mazurek Dabrowskiego”, l’hymne national polonais, compose vers 1797. Cela signifie que pendant 61 ans (de 1945 a 2006), l’hymne yougoslave partageait sa melodie avec celui de la Pologne. Les deux pays se retrouvaient cote a cote lors d’evenements internationaux, leurs delegations entendant essentiellement la meme melodie avec des paroles differentes. Les paroles de la Pologne evoquaient la perseverance polonaise ; celles de la Yougoslavie parlaient d’unite slave. Le chevauchement musical etait parfois embarrassant mais generalement accepte comme un symbole de solidarite panslave.
Lorsque la Yougoslavie commenca a se desintegrer au debut des annees 1990, l’hymne se fragmenta avec le pays. La Slovenie declara son independance en 1991 et adopta son propre hymne (“Zdravljica” de France Preseren). La Croatie suivit avec “Lijepa nasa domovino”. La Bosnie, la Macedoine, et finalement le Montenegro et la Serbie choisirent chacun leurs propres chants. Le Kosovo, dont la souverainete reste contestee, adopta un hymne purement instrumental en 2008 pour eviter de favoriser la langue d’un groupe ethnique.
La Republique federale de Yougoslavie (l’Etat residuel de Serbie-et-Montenegro qui exista de 1992 a 2003) continua d’utiliser “Hej, Slaveni”. L’Union d’Etat de Serbie-et-Montenegro le conserva jusqu’en 2006, lorsque le referendum d’independance du Montenegro mit fin au dernier vestige de l’Etat yougoslave. A ce moment-la, “Hej, Slaveni” devint officiellement un orphelin. Aucun des sept Etats successeurs ne l’adopta.
Aujourd’hui, “Hej, Slaveni” n’appartient a aucun pays. Il est interprete occasionnellement lors d’evenements culturels panslaves et par des amateurs de “yougonostalgie” dans les anciennes republiques yougoslaves. Sa melodie partagee avec l’hymne polonais reste une curiosite musicologique, un rappel que les materiaux de construction de l’identite nationale sont souvent empruntes, reutilises et recycles de manieres qui sapent le mythe de l’unicite nationale.
La Prusse, l’Autriche-Hongrie et les empires
Le XIXe et le debut du XXe siecle produisirent une vague d’hymnes imperiaux qui disparurent avec les empires qu’ils servaient.
L’hymne de la Prusse, “Heil dir im Siegerkranz” (“Salut a toi dans la couronne du vainqueur”), fut adopte en 1795 et utilisait la melodie de “God Save the King”, l’hymne britannique. Ce n’etait pas du plagiat ; c’etait la pratique courante. La melodie britannique fut utilisee par au moins 20 pays differents a diverses epoques, dont les Etats-Unis (“My Country, ‘Tis of Thee”), la Suisse, le Liechtenstein et la Russie imperiale. L’usage prussien prit fin en 1918 avec l’abdication du Kaiser Guillaume II et l’etablissement de la Republique de Weimar. Le gouvernement de Weimar adopta “Das Lied der Deutschen” (le texte de Hoffmann von Fallersleben de 1841 sur une melodie de Haydn), qui, sous une forme modifiee, reste l’hymne de l’Allemagne aujourd’hui.
L’Autriche-Hongrie presente le cas le plus complexe de succession d’hymne. L’hymne de l’empire etait “Gott erhalte Franz den Kaiser” (“Dieu preserve l’empereur Francois”), compose par Joseph Haydn en 1797. La melodie de Haydn est l’un des morceaux de musique les plus celebres de la tradition classique occidentale ; il l’utilisa plus tard comme base du deuxieme mouvement de son Quatuor a cordes op. 76, n° 3 (le “Quatuor de l’Empereur”). Lorsque l’Autriche-Hongrie se dissolut en 1918, l’Autriche et l’Allemagne revendiquerent toutes deux la melodie. L’Allemagne l’associa aux paroles de Hoffmann pour creer “Das Lied der Deutschen”, qui devint l’hymne de la Republique de Weimar en 1922. L’Autriche l’utilisa par intermittence avant et apres la Seconde Guerre mondiale, mais finit par adopter un nouvel hymne en 1946 (attribue a Mozart, bien que cette attribution soit contestee). L’Allemagne conserva la melodie de Haydn, et aujourd’hui le “Deutschlandlied” (n’utilisant que le troisieme couplet du texte original) reste l’hymne officiel allemand.
La melodie de Haydn sert ainsi de fil musical reliant l’Empire des Habsbourg du XVIIIe siecle a la Republique federale d’Allemagne au XXIe. Elle a survecu a l’effondrement de deux empires, deux guerres mondiales, la division et la reunification de l’Allemagne, et la transformation de l’Autriche d’un empire de 52 millions d’habitants en une republique de 9 millions. Les nations ont change ; la melodie a perdure.
L’Empire ottoman utilisa une serie d’hymnes durant le XIXe siecle, la plupart composes par des chefs de fanfare europeens embauches par le sultan. Le dernier hymne ottoman, “Resadiye Marsi”, fut remplace en 1921 par la “Marche de l’independance” de la nouvelle Republique de Turquie. Contrairement a la melodie habsbourgeoise, les hymnes ottomans ne furent pas herites par les Etats successeurs. La Turquie fit une rupture nette. Les hymnes ottomans ne survivent que dans des enregistrements historiques et des archives musicologiques.
Le divorce en douceur de la Tchecoslovaquie
La dissolution de la Tchecoslovaquie le 1er janvier 1993, connue sous le nom de “Divorce de velours”, produisit l’une des separations d’hymne les plus nettes de l’histoire.
L’hymne tchecoslovaque, adopte en 1918 lors de la fondation du pays, etait une combinaison de deux chants. La premiere partie etait “Kde domov muj ?” (“Ou est mon foyer ?”), un chant tcheque compose par Frantisek Skroup en 1834 pour la piece “Fidlovacka”. La seconde partie etait “Nad Tatrou sa blyska” (“L’eclair au-dessus des Tatras”), un chant slovaque de 1844 associe au Corps des volontaires slovaques.
Lors des ceremonies officielles, l’hymne etait interprete avec la section tcheque en premier, suivie de la section slovaque. C’etait, en fait, deux hymnes cousus ensemble : un reflet musical de la double identite du pays en tant que federation de deux nations distinctes.
Lorsque la Tchecoslovaquie se dissolut, la separation fut d’une simplicite chirurgicale. La Republique tcheque prit “Kde domov muj ?” comme hymne. La Slovaquie prit “Nad Tatrou sa blyska”. Aucune nouvelle composition ne fut necessaire. Aucune melodie ne fut contestee. Chaque Etat successeur conserva simplement la moitie qui avait toujours ete la sienne.
Le cas tchecoslovaque est unique dans l’histoire des Etats dissous. La plupart des successions d’hymne impliquent conflit, competition ou reinvention totale. Celle de la Tchecoslovaquie etait predeterminee par la structure meme de l’hymne. Le pays avait, peut-etre inconsciemment, integre sa partition eventuelle dans son chant national des le debut.
L’hymne tcheque est remarquablement doux selon les standards mondiaux. Il demande “Ou est mon foyer ?” et repond par des descriptions d’eau, de pinedes et de jardins en fleur. Il ne contient aucune reference au sang, a la guerre, aux ennemis ou a Dieu. Selon les criteres de notre analyse textuelle des hymnes mondiaux, c’est un cas atypique : un chant qui parle de paysage et d’appartenance plutot que de lutte et de triomphe. La moitie slovaque est plus conventionnelle, faisant reference a l’eclair et au tonnerre comme symboles d’eveil national, mais elle aussi evite l’intensite martiale courante dans les hymnes des Etats plus grands.
La vie apres la mort d’un chant national
Que devient un hymne apres la mort de son pays ? Les faits suggerent plusieurs schemas distincts.
Le recyclage. Comme le demontrent les cas sovietique et habsbourgeois, les melodies sont frequemment adoptees par les Etats successeurs. Les notes survivent ; les mots changent. Ce schema renforce le constat que les melodies portent un poids emotionnel plus profond que les paroles. Les gens s’attachent a la musique, et la musique peut etre reutilisee pour presque n’importe quel contexte politique.
La preservation par la diaspora. Les communautes en exil maintiennent souvent les hymnes de leurs anciennes patries avec une fidelite qui depasse celle des populations des Etats successeurs. L’hymne du Sud-Vietnam a plus de chances d’etre chante dans le comte d’Orange, en Californie, qu’a Ho Chi Minh-Ville. L’hymne de l’Iran pre-revolutionnaire (“Soroud-e Shahanshahi”) est interprete lors de rassemblements de la diaspora iranienne, des decennies apres que la revolution de 1979 l’eut remplace. Ces interpretations de la diaspora sont des actes de memoire et, souvent, de defiance politique.
La nostalgie et la protestation. Dans l’ancienne Yougoslavie, chanter “Hej, Slaveni” ou jouer des chants patriotiques de l’ere Tito peut etre une expression de “yougonostalgie”, une nostalgie de la stabilite relative et de la coexistence multiethnique de l’ere d’avant les annees 1990. En Russie, la decision de readopter la melodie sovietique fut en partie un projet nostalgique, une tentative de revendiquer la grandeur emotionnelle d’un passe de superpuissance. Dans les deux cas, l’hymne devient un receptacle pour des sentiments qui ne peuvent s’exprimer a travers les structures politiques actuelles.
La preservation universitaire. Les musicologues et les historiens maintiennent des archives d’hymnes defunts, les traitant comme des sources primaires pour l’etude du nationalisme, de la construction etatique et de l’identite culturelle. L’International Music Score Library Project (IMSLP) heberge des partitions de dizaines d’anciens hymnes. Des chaines YouTube dediees aux hymnes historiques attirent des millions de vues, suggerant un interet populaire repandu pour ces chants orphelins.
Le silence. Certains hymnes disparaissent tout simplement. L’hymne de la Republique khmere (1970-1975), l’hymne du Biafra (1967-1970), l’hymne de la Confederee (jamais officiellement adopte, mais “Dixie” en remplissait la fonction) se sont largement effaces de la vie culturelle active. Ils ne sont ni recycles, ni preserves par des diasporas, ni objets de nostalgie. Ils ont acheve le parcours du chant vivant a la note de bas de page historique.
Le destin d’un ancien hymne depend de plusieurs facteurs : la taille et l’influence culturelle de l’Etat dissous, l’existence d’une communaute de diaspora, la qualite musicale de la composition, et le caractere violent ou pacifique de la dissolution. Mais le constat constant est que la musique survit aux frontieres. Un hymne national, une fois ancre dans la memoire collective d’une population, est extraordinairement difficile a effacer. Les Etats peuvent etre dissous par des traites, des guerres et des referendums. Les melodies sont plus resilientes. Elles persistent dans les voies neurales des personnes qui les ont chantees, transmises de generation en generation de la meme maniere que les chants populaires et les berceuses survivent.
C’est peut-etre la lecon la plus profonde de l’hymne orphelin : l’Etat-nation est une invention politique, contingente et reversible. Mais l’acte de chanter ensemble, de partager une melodie qui vous identifie comme membre d’un groupe, est quelque chose de bien plus ancien et de bien plus durable. L’hymne a peut-etre ete concu pour servir l’Etat, mais en fin de compte, c’est l’hymne qui survit. L’Etat est le receptacle temporaire. Le chant est ce qui demeure.
Sources et références
- Karen A. Cerulo. Identity Designs: The Sights and Sounds of a Nation . Rutgers University Press (1995)
- Javier Moreno-Luzón, María Nagore-Ferrer (eds.). Music, Words, and Nationalism: National Anthems and Songs in the Modern Era . Palgrave Macmillan (2023)
- Radu Silaghi-Dumitrescu. Trends in the texts of national anthems: A comparative study . Heliyon (2023)
Questions fréquentes
- Que devient un hymne national quand un pays cesse d'exister ?
- L'hymne perd generalement son statut officiel mais ne disparait pas. Au moins 40 hymnes nationaux existent aujourd'hui pour des Etats formellement dissous. Certaines melodies sont adoptees par des Etats successeurs, d'autres sont interpretees lors de concerts nostalgiques ou etudiees par des musicologues, et d'autres encore sont occasionnellement utilisees par des mouvements politiques cherchant a raviver des identites nationales defuntes.
- L'hymne de l'Union sovietique est-il encore utilise aujourd'hui ?
- La melodie de l'hymne sovietique, composee par Alexandre Alexandrov en 1944, fut readoptee par la Russie en 2000 avec de nouvelles paroles ecrites par Sergei Mikhalkov, le meme auteur qui avait ecrit le texte original de l'ere sovietique. La musique est donc toujours en usage officiel, bien que les paroles aient ete modifiees pour supprimer les references au communisme et a Lenine.
- Combien de pays ont perdu leur hymne national suite a une dissolution ?
- Au cours des deux derniers siecles, au moins 40 Etats souverains ont ete dissous, absorbes ou fondamentalement reconstitues, laissant leurs hymnes sans pays. Les exemples majeurs incluent l'URSS (1991), la Yougoslavie (1992), la Tchecoslovaquie (1993), l'Allemagne de l'Est (1990) et l'Empire austro-hongrois (1918).
- Un hymne national defunct peut-il etre ressuscite ?
- Oui. Plusieurs Etats successeurs ont recycle des melodies ou des paroles d'hymnes predecesseurs. La Russie reutilisa la melodie sovietique. Certains Etats postcoloniaux adopterent ou adapterent des chants de mouvements d'independance anterieurs. Dans d'autres cas, des mouvements politiques ont tente de raviver d'anciens hymnes comme symboles de continuite ou de resistance.