1.Le poème compte dix strophes, mais seules les deux premières sont interprétées lors des cérémonies officielles.
2.La mélodie utilisée aujourd'hui a été composée par Osman Zeki Üngör et officialisée en 1930 ; elle a remplacé une musique antérieure d'Ali Rıfat Çağatay, choisie par une commission de sélection après la guerre d'indépendance.
3.Dénigrer publiquement l'hymne est un délit au regard de l'article 300 du Code pénal turc, puni de six mois à deux ans d'emprisonnement.
4.Un concours organisé en 1920 pour les paroles a reçu 724 poèmes, mais aucun n'a été jugé digne ; Ersoy n'y avait pas participé, car il refusait d'accepter le prix de 500 livres. Il a écrit l'hymne après que le ministre de l'Éducation, Hamdullah Suphi, lui a demandé un poème, et il a fait don du prix au Dârülmesâi, une œuvre de bienfaisance qui enseignait un métier aux femmes et aux enfants musulmans pauvres.
Paroles de l'hymne national de la Turquie
Seules les deux premières des dix strophes du poème sont chantées officiellement ; les dix ont été adoptées comme hymne national par la Grande Assemblée nationale le 12 mars 1921.
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Korkma! Sönmez bu şafaklarda yüzen al sancak,
Sönmeden yurdumun üstünde tüten en son ocak.
O benim milletimin yıldızıdır, parlayacak;
O benimdir, o benim milletimindir ancak.
Çatma, kurban olayım, çehreni ey nazlı hilal!
Kahraman ırkıma bir gül; ne bu şiddet, bu celal?
Sana olmaz dökülen kanlarımız sonra helal…
Hakkıdır, Hakk’a tapan milletimin istiklal.
Korkma! Sönmez bu şafaklarda yüzen al sancak,
Sönmeden yurdumun üstünde tüten en son ocak.
O benim milletimin yıldızıdır, parlayacak;
O benimdir, o benim milletimindir ancak.
Çatma, kurban olayım, çehreni ey nazlı hilal!
Kahraman ırkıma bir gül; ne bu şiddet, bu celal?
Sana olmaz dökülen kanlarımız sonra helal…
Hakkıdır, Hakk’a tapan milletimin istiklal.
Ben ezelden beridir hür yaşadım, hür yaşarım,
Hangi çılgın bana zincir vuracakmış? Şaşarım.
Kükremiş sel gibiyim, bendimi çiğner, aşarım,
Yırtarım dağları, enginlere sığmam, taşarım.
Garbın afakını sarmışsa çelik zırhlı duvar,
Benim iman dolu göğsüm gibi serhaddim var.
Ulusun, korkma! Nasıl böyle bir imanı boğar,
“Medeniyet” dediğin tek dişi kalmış canavar?
Arkadaş! Yurduma alçakları uğratma sakın,
Siper et gövdeni, dursun bu hayâsızca akın.
Doğacaktır sana vadettiği günler Hakk’ın,
Kim bilir, belki yarın belki yarından da yakın.
Bastığın yerleri “toprak” diyerek geçme, tanı,
Düşün altındaki binlerce kefensiz yatanı.
Sen şehit oğlusun, incitme, yazıktır atanı,
Verme, dünyaları alsan da bu cennet vatanı.
Kim bu cennet vatanın uğruna olmaz ki feda?
Şüheda fışkıracak, toprağı sıksan şüheda.
Canı, cananı, bütün varımı alsın da Hüda,
Etmesin tek vatanımdan beni dünyada cüda.
Ruhumun senden İlahî, şudur ancak emeli:
Değmesin mabedimin göğsüne namahrem eli.
Bu ezanlar, ki şehadetleri dinin temeli,
Ebedî, yurdumun üstünde benim inlemeli.
O zaman vecdile bin secde eder, varsa taşım,
Her cerihamdan, İlahî, boşanıp kanlı yaşım,
Fışkırır ruhumücerret gibi yerden naaşım,
O zaman yükselerek arşa değer belki başım.
Dalgalan sen de şafaklar gibi ey şanlı hilal!
Olsun artık dökülen kanlarımın hepsi helal.
Ebediyen sana yok, ırkıma yok izmihlal.
Hakkıdır, hür yaşamış bayrağımın hürriyet;
Hakkıdır, Hakk’a tapan milletimin istiklal.
Ne crains rien ! Il ne s'éteindra pas, ce drapeau écarlate qui flotte dans ces aurores,
tant que ne s'éteindra pas le dernier foyer qui fume au-dessus de ma patrie.
C'est l'étoile de ma nation, et elle brillera ;
elle est mienne, elle n'appartient qu'à ma nation.
Ne fronce pas le sourcil, que je sois ton sacrifice, ô croissant farouche !
Souris à ma race héroïque ; pourquoi cette violence, pourquoi cette colère ?
Sinon, nous ne te pardonnerons pas le sang que nous avons versé pour toi.
L'indépendance est le droit de ma nation, qui adore Dieu.
Ne crains rien ! Il ne s'éteindra pas, ce drapeau écarlate qui flotte dans ces aurores,
tant que ne s'éteindra pas le dernier foyer qui fume au-dessus de ma patrie.
C'est l'étoile de ma nation, et elle brillera ;
elle est mienne, elle n'appartient qu'à ma nation.
Ne fronce pas le sourcil, que je sois ton sacrifice, ô croissant farouche !
Souris à ma race héroïque ; pourquoi cette violence, pourquoi cette colère ?
Sinon, nous ne te pardonnerons pas le sang que nous avons versé pour toi.
L'indépendance est le droit de ma nation, qui adore Dieu.
De toute éternité j'ai vécu libre et libre je vivrai.
Quel insensé voudrait me mettre aux fers ? J'en reste stupéfait.
Je suis comme un torrent qui rugit : je foule ma propre digue et la franchis.
Je déchire les montagnes, nulle étendue ne me contient, je déborde.
Quand bien même un mur d'acier cuirassé enserrerait les horizons de l'Occident,
j'ai une frontière, et c'est ma poitrine emplie de foi.
Qu'il hurle ! N'aie crainte ! Comment pourrait-elle étouffer une telle foi,
cette bête à qui il ne reste qu'un croc, celle que tu appelles « civilisation » ?
Ami ! Ne laisse jamais les infâmes fouler ma patrie,
fais de ton corps un bouclier, que cesse cette ruée sans pudeur.
Ils se lèveront, les jours que Dieu t'a promis,
qui sait, peut-être demain, peut-être plus tôt que demain.
Ne passe pas sur le sol que tu foules en le nommant simple « terre » ; connais-le,
songe aux milliers qui gisent dessous, sans linceul.
Tu es fils de martyr ; n'offense pas ton aïeul, ce serait un péché,
ne cède pas cette patrie céleste, quand bien même on te donnerait tous les mondes.
Qui ne se sacrifierait pour cette patrie céleste ?
Presse cette terre et il en jaillira des martyrs, des martyrs et rien d'autre.
Que Dieu prenne ma vie, ma bien-aimée, tout ce que je possède,
pourvu qu'Il ne me sépare pas ici-bas de mon unique patrie.
Mon Dieu, tel est l'unique désir de mon âme envers Toi :
que nulle main étrangère ne touche le sein de mon temple.
Ces appels à la prière, dont le témoignage est le fondement de la foi,
doivent retentir à jamais au-dessus de ma patrie.
Alors ma pierre tombale, si j'en ai une, se prosternera mille fois dans l'extase,
de chacune de mes blessures, mon Dieu, coulent mes larmes de sang,
ma dépouille jaillit de la terre comme un pur esprit,
et alors, s'élevant, ma tête touchera peut-être le trône céleste.
Ondoie toi aussi comme les aurores, ô croissant glorieux !
Que tout le sang que j'ai versé te soit désormais offert de plein gré.
Jamais il n'y aura d'anéantissement pour toi ni pour ma race.
La liberté est le droit de mon drapeau, qui a vécu libre ;
l'indépendance est le droit de ma nation, qui adore Dieu.
Fear not! This crimson banner floating in these dawns shall never fade,
So long as the last hearth still smoking over my homeland is not put out.
It is the star of my nation, and it will shine;
It is mine, it belongs to my nation alone.
Do not frown, let me be your sacrifice, O coy crescent!
Smile upon my heroic race; why this violence, why this wrath?
Otherwise we will not forgive you the blood we have shed.
Independence is the right of my nation, which worships God.
Fear not! This crimson banner floating in these dawns shall never fade,
So long as the last hearth still smoking over my homeland is not put out.
It is the star of my nation, and it will shine;
It is mine, it belongs to my nation alone.
Do not frown, let me be your sacrifice, O coy crescent!
Smile upon my heroic race; why this violence, why this wrath?
Otherwise we will not forgive you the blood we have shed.
Independence is the right of my nation, which worships God.
Since eternity I have lived free, and free I shall live.
What madman would put me in chains? I marvel at the thought.
I am like a roaring flood: I trample my own dam and surge over it.
I tear the mountains open, no expanse can hold me, I overflow.
Though a wall of steel armour may gird the horizons of the West,
I have a frontier, and it is my breast filled with faith.
Let it howl! Fear not! How could such a faith be smothered
By that monster with a single fang left, the one you call "civilization"?
Friend! Never let the base ones set foot upon my homeland,
Make a shield of your body, let this shameless onslaught be halted.
The days that God has promised you will surely dawn,
Who knows, perhaps tomorrow, perhaps sooner than tomorrow.
Do not walk over the ground you tread calling it mere "earth"; know it,
Think of the thousands who lie beneath it without a shroud.
You are a martyr's son; do not wound your forebear, it would be a sin,
Do not surrender this paradise homeland, though you were given every world.
Who would not give himself up for this paradise homeland?
Squeeze that soil and martyrs will gush forth, martyrs and nothing else.
Let God take my life, my beloved, everything I possess,
Only let Him not part me in this world from my one homeland.
O my God, this alone is what my soul desires of You:
Let no stranger's hand touch the bosom of my temple.
These calls to prayer, whose testimony is the foundation of the faith,
Must resound above my homeland for ever.
Then my gravestone, if I have one, will bow a thousand times in ecstasy,
From every wound of mine, O God, my bloody tears pour out,
My corpse bursts from the earth like a pure spirit,
And then, rising, my head may perhaps touch the heavenly throne.
You too, wave like the dawns, O glorious crescent!
Now let all the blood I have shed be freely yours.
Never shall there be annihilation for you, nor for my race.
Freedom is the right of my flag, which has lived free;
Independence is the right of my nation, which worships God.
Les traductions ne sont pas officielles et visent à transmettre le sens, non à remplacer les originaux
Analyse
Éditorial
Écrit pendant la guerre d'indépendance turque en 1921, l'hymne a été adopté avant même la proclamation de la République. Le poète Mehmet Akif Ersoy l'a écrit pour remonter le moral durant les jours les plus sombres de la lutte pour l'indépendance contre les forces d'occupation.