1.Détenu à Barberousse sans papier ni crayon, Zakaria aurait écrit les paroles sur le mur de sa cellule avec son propre sang, selon l'Algérie Presse Service.
2.La troisième strophe nomme la France directement et annonce un 'jour du règlement' ; pendant des années, seule la première a été chantée en public pour ménager les relations diplomatiques.
3.En novembre 2008, l'Algérie a modifié l'article 5 de sa Constitution pour déclarer l'hymne 'immuable', liant les cinq strophes à l'identité révolutionnaire du pays.
4.En 2023, un décret du président Abdelmadjid Tebboune a remis la strophe anti-française au protocole : les cinq couplets sont désormais obligatoires en présence du chef de l'État.
Nous jurons par les foudres qui dévastent,
Par les flots de sang généreux versé,
Par les drapeaux éclatants qui flottent
Fièrement sur les hauts sommets des montagnes,
Nous voici en révolte, vivre ou mourir,
Nous avons juré que l'Algérie vivra.
Soyez-en témoins, soyez-en témoins, soyez-en témoins !
Nous sommes des soldats, pour le droit nous nous sommes levés,
Et pour notre indépendance nous avons mené la guerre.
Quand nous parlions, nul ne nous écoutait,
Alors nous avons pris la détonation de la poudre pour cadence
Et le crépitement des mitrailleuses pour mélodie.
Nous avons juré que l'Algérie vivra.
Soyez-en témoins, soyez-en témoins, soyez-en témoins !
Ô France, le temps des reproches est passé,
Nous l'avons refermé comme on referme un livre ;
Ô France, voici le jour du règlement,
Prépare-toi à recevoir notre réponse !
Dans notre révolution, plus de paroles vaines ;
Nous avons juré que l'Algérie vivra.
Soyez-en témoins, soyez-en témoins, soyez-en témoins !
De nos héros nous ferons surgir une armée,
De nos morts nous bâtirons une gloire,
Nos esprits monteront jusqu'à l'immortalité
Et sur nos épaules nous lèverons l'étendard.
Au Front de libération nationale nous avons prêté serment,
Nous avons juré que l'Algérie vivra.
Soyez-en témoins, soyez-en témoins, soyez-en témoins !
Le cri de la patrie monte des champs du sacrifice.
Écoutez-le et répondez à l'appel !
Qu'on l'écrive du sang des martyrs
Et qu'on le lise aux générations à venir.
Ô gloire, nous t'avons tendu la main,
Nous avons juré que l'Algérie vivra.
Soyez-en témoins, soyez-en témoins, soyez-en témoins !
We swear by the lightning that destroys,
By the streams of generous blood being shed,
By the bright flags that wave,
Flying proudly on the high mountains
That we are in revolt, whether to live or to die,
We are determined that Algeria should live,
So be our witness, be our witness, be our witness!
We are soldiers, for the sake of justice we revolted,
And for our independence we waged war,
When we spoke, nobody listened to us,
So we have taken the noise of gunpowder as our rhythm
And the sound of machine guns as our melody,
We are determined that Algeria should live,
So be our witness, be our witness, be our witness!
O France, the time of reproof is over
And we have closed it as a book is closed;
O France, this is the day of reckoning
So prepare to receive from us our answer!
In our revolution is the end of empty talk;
We are determined that Algeria should live,
So be our witness, be our witness, be our witness!
From our heroes we shall make an army come to being,
From our dead we shall build up a glory,
Our spirits shall ascend to immortality
And on our shoulders we shall raise the standard.
To the nation's Liberation Front we have sworn an oath,
We are determined that Algeria should live,
So be our witness, be our witness, be our witness!
The cry of the motherland sounds from the battlefields.
Listen to it and answer the call!
Let it be written with the blood of martyrs
And be read to future generations.
Oh, glory, we have held out our hand to you,
We are determined that Algeria should live,
So be our witness, be our witness, be our witness!
Les traductions ne sont pas officielles et visent à transmettre le sens, non à remplacer les originaux
Analyse
Éditorial
Peu d'hymnes naissent dans une cellule, et un seul, dit-on, fut écrit avec le sang de son auteur. En avril 1955, le poète Moufdi Zakaria, berbère mozabite et militant nationaliste, est enfermé à la prison de Barberousse à Alger lorsqu'il compose Kassaman sans papier ni encre, gravant les strophes sur le mur de sa cellule avec son propre sang. Le compositeur égyptien Mohamed Fawzi met ensuite les vers en musique (deux propositions antérieures avaient été écartées). Le chant est officiellement adopté en 1962, année où l'Algérie rompt avec 132 ans de domination française. Les cinq strophes nomment la France, lui promettent un jour de règlement et prêtent serment au FLN, le Front qui a gagné la guerre.